Micro-entrepreneur ou SASU : comment choisir ?
(et quand passer à l’étape suivante)
Micro-entreprise ou société ? C’est souvent la première vraie question d’un entrepreneur. Et la réponse dépend de critères très concrets : votre CA, votre situation personnelle, vos projets. Tour d’horizon sans langue de bois.
La micro-entreprise : simple, rapide, mais plafonnée
Le régime de la micro-entreprise (anciennement auto-entrepreneur) est le point de départ de beaucoup d’aventures entrepreneuriales. Et pour de bonnes raisons : c’est simple à créer, la comptabilité est réduite au minimum, et les charges sont calculées directement sur le chiffre d’affaires encaissé.
Mais ce régime a des limites importantes que beaucoup d’entrepreneurs atteignent sans l’avoir anticipé.
Plafonds de la micro-entreprise en 2026
- Vente de marchandises : 203 100 € de CA annuel
- Prestations de services (BIC) : 83 600 €
- Activités libérales (BNC) : 83 600 €
Au-delà de ces plafonds, vous basculez automatiquement vers le régime réel — avec toutes les obligations comptables que ça implique. Autant anticiper le passage à une structure adaptée avant d’y être forcé.
Les 3 signaux qui indiquent qu’il est temps de changer
Signal 1 : Votre CA dépasse 60 000 € en prestations de services
Le plafond de la micro est à 83 600 € pour les services, mais le point de bascule fiscale intervient bien avant. À partir d’environ 60 000 € de revenus nets, l’impôt sur le revenu en micro peut devenir plus lourd qu’en société avec IS. Un calcul s’impose.
Signal 2 : Vous supportez des charges professionnelles réelles importantes
En micro-entreprise, vos charges sont calculées sur un abattement forfaitaire (71 % pour le commerce, 50 % pour les services, 34 % pour les libéraux). Si vos vraies charges dépassent cet abattement — matériel, locaux, sous-traitance — vous payez des cotisations sur une base trop élevée.
Signal 3 : Vous voulez vous associer, lever des fonds ou sécuriser votre patrimoine
La micro-entreprise n’a pas de personnalité morale distincte. Vous et votre entreprise êtes la même entité juridique. En cas de problème, votre patrimoine personnel (résidence principale mise à part) peut être engagé. La SASU ou l’EURL offrent une protection bien plus solide.
SASU ou EURL : quelle structure choisir ?
| Critère | EURL (associé unique) | SASU (actionnaire unique) |
|---|---|---|
| Statut du dirigeant | Gérant = travailleur non salarié (TNS) | Président = assimilé salarié |
| Cotisations sociales | ~40–45 % du revenu net | ~75 % du salaire brut (mais plus de droits) |
| Fiscalité | IR par défaut, option IS possible | IS par défaut |
| Coût de création | Environ 200–300 € | Environ 200–300 € |
| Idéal pour | Revenus modérés, indépendants TNS | Revenus élevés, levée de fonds, dividendes |
3 cas concrets pour illustrer le bon choix
Cas 1 — Freelance qui débute, CA < 30 000 €
La micro-entreprise est parfaitement adaptée. Pas de comptabilité lourde, cotisations proportionnelles au CA, zéro charge en cas de mois sans revenus. Idéal pour tester et démarrer.
Cas 2 — Consultant, CA autour de 60–80 000 €
C’est la zone de transition. Selon les charges réelles et la situation personnelle (TMI, situation familiale), le passage en SASU ou EURL peut générer une économie de plusieurs milliers d’euros par an. Un comparatif chiffré avec votre expert-comptable est indispensable.
Cas 3 — Salarié qui crée une activité complémentaire
La micro-entreprise est souvent le bon départ. Simple à gérer en parallèle d’une activité salariée, sans obligation comptable complexe. La bascule vers une société s’envisage quand l’activité devient principale et que les revenus progressent.
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